Concept

Notre concept est soutenu par quatre piliers :

  1. une monnaie complémentaire gratuite, indépendante de la devise nationale ;
  2. un système d'échange régional ;
  3. une participation démocratique ;
  4. un ensemble de règles à caractère social.

 

1) Une monnaie locale complémentaire mais gratuite

Il existe en Suisse plusieurs systèmes qui sont en fait des monnaies complémentaires ou des systèmes de monnaie non régis par la banque nationale. Par exemple la monnaie WIR, les chèques REKA, les nombreux bons d'achats commerciaux, le tout récent EUSKO (la monnaie locale, ça marche !), le Sol-Violette de Toulouse, et même, la monnaie scripturale issue du crédit bancaire, qui échappe à plus de 95% à la régale sur la monnaie. Introduire une monnaie complémentaire n'est donc pas un acte isolé ni absurde, d'autant plus qu'elle ne sera pas soumise à remboursement ni à intérêt. D'autre part, de nombreux système privés deviennent de fait des monnaies complémentaires, comme par exemple le TIRE canadien. Le gouvernement français s'y est intéressé de près et a commandé une mission d'étude sur ce sujet dont le rapport est ICI.

Le principe de notre monnaie est de ne pas représenter des métaux précieux, improductifs par nature, ou des titres et des devises acquis par les bénéfices incertains de spéculation sur les marchés des changes, toutes choses à la valeur aléatoire. En revanche, le travail accompli porte en soi la valeur réelle de l'augmentation du patrimoine et constitue la richesse sociale (). Un salarié prête ses compétences et son énergie à l'entreprise qui l'emploie, et reçoit en retour une rétribution. Dans le système actuel, cette rétribution est distribuées en devises qui sont créées par les banques commerciales sous forme de dette, grevée d'intérêts composés. L'argent, soumis à usure, perd graduellement de sa valeur.

L'idée novatrice que nous proposons est que l'État et les entreprises rétribuent leurs employés en partie avec une monnaie émise sur la base d'obligations au porteur, émises par l'intermédiaire de la Banque Cantonale, mais sans engendrer de dette pour la société Valaisanne. Ces obligations, source de monnaie complémentaire, sont donc adossées à la réalité de la productivité, et non à des références étrangères à l'économie réelle. Elles ne sont pas grevées d'intérêts, leur valeur reste constante. Elles sont donc négociables dans l'ensemble de l'économie locale. Cela en fait de facto un moyen d'échange idéal exprimé en une unité monétaire originale autant qu'historique : le « Batz ».

Le  Batz  est émis par la Banque Cantonale sur la base d'obligations d'État. Sa valeur fiduciaire lui est donnée par son acceptation comme moyen de paiement des impôts locaux. Cette monnaie ne remplace pas le Franc suisse, mais elle s'ajoute tout simplement à lui, comme un générateur de secours se greffe sur le réseau électrique d'un hôpital. Se répandant ainsi dans l'économie régionale, le  Batz  devient un moyen de paiement complémentaire des salaires, et finalement de tout ce qui peut être vendu, qui comporte inévitablement une part de salaire dans le prix.

2) Un système d'échange régional

Tout comme les monnaies complémentaires, il existe de par le monde de nombreux systèmes d'échange complémentaires, basés sur de simples écritures comptables, ou même supportés par des monnaies spéciales. Pas loin de chez nous, nos voisins allemands ont développé une monnaie privée locale, le Chiemgauer, qui dynamise joyeusement une petite région. Le concept d'argent régional ou Regiogeld, fait régulièrement l'objet de nouvelles initiatives. En Amérique du sud, de nombreux projets similaires existent, qui ont permis de sauver des économies régionales.

Le système est conçu pour accroître la fréquence des échanges et ainsi dynamiser l'économie. Il est important de préciser que ce système reste parfaitement compatible avec la monnaie ordinaire, il représente simplement une alternative, tout comme le ferait la présentation d'un bon d'achat dans un magasin, ou d'une carte de crédit au nom du magasin, comme c'est devenu de plus en plus fréquent. La grande différence est que cette carte s'applique à tout le canton, et non à un commerce en particulier.

Osons une simple comparaison, le pays Basque, grand comme 4 fois le Valais, géographiquement comparable en termes de montagne et de partition linguistique, a osé début 2013 créer sa propre monnaie, l'Eusko.

3) Une participation démocratique

Notre ambition est de bâtir un système plus grand, officiel, supporté par l'État, à l'échelle du canton, dont les bénéficiaires sont tous les acteurs économiques, personnes physiques ou morales, privées ou publique, à but lucratif ou non, recensées par le service des contributions. Les enfants dès l'âge de raison, les chômeurs, les salariés, les rentiers, les étudiants, les mères au foyer, bref, toute personne ayant une situation légale sur le canton participe directement au système. Les autres acteurs économiques en relation avec le canton peuvent rejoindre le système. Les personnes étrangères, les touristes, peuvent aussi d'une certaine manière participer au système par l'achat de cartes rechargeables.

Les moyens d'échange sont constitué de billets pouvant être retirés sur les bancomats, de pièces, de comptes personnels ou d'entreprises, de simples cartes de débit pouvant être utilisées dans tous les commerces, et d'applications de e-banking pour ordinateurs personnels ou téléphones mobiles, permettant des échanges électroniques de pair à pair entre tous les acteurs économiques. Le principal acteur reste bien entendu l'État, qui organise et assure le fonctionnement du système. Pour ces dernières solutions, le savoir faire existe, ainsi que le support technique.

Notre objectif principal est de concerner tous les citoyens, de ne laisser personne sur la touche, de faire reculer et d'abolir la pauvreté systémique, de se donner les moyens de partager le travail et partant, de créer une véritable dynamique sociale, unitive et réellement démocratique.

4) Le caractère social

Plusieurs avantages sont liés à l'utilisation du système régional. Ils sont destinés à inviter le citoyen à son utilisation fréquente et prioritaire, et à conserver la monnaie officielle pour les échanges en dehors du canton. Nous donnons ici quelques exemples.

Les parts de salaires payées en monnaie régionale font l'objet d'une fiscalité avantageuse. On paiera donc moins d'impôts sur le revenu.

Les comptes de citoyens font l'objet d'une alimentation inconditionnelle périodique d'une certaine quantité de monnaie. On soutient donc le pouvoir d'achat.

Les commerces, l'agriculture, le tourisme, les entreprises peuvent acheter de la masse salariale à des conditions préférentielles et ainsi faire des économies sur les salaires tout en les maintenant. Ces économies sont exonérées d'impôts. Le secteur privé augmente donc sa marge d'autofinancement.

Le secteur public développe sa pleine capacité en déplaçant sa masse salariale dans le système régional et en faisant l'économie de ces dépenses en monnaie nationale. De même les communes, à des conditions particulièrement avantageuses. Les collectivités peuvent donc envisager des amortissements inespérés, voire de solder carrément leurs dettes dans des délais relativement courts. Elle pourront donc s'épargner à l'avenir des paiements d'intérêts énormes et inutiles, sur des sommes dues à jamais impossibles à rembourser dans les conditions actuelles.

Les caisses de pensions peuvent être consolidées.

L'agriculture et le tourisme peuvent enfin recevoir des subsides corrects et les entreprises en difficulté être soutenues valablement.

Des moyens favorables de promotion économique sont désormais envisageables.

Comme on le voit avec ces exemples non exhaustifs, la capacité d'émettre sans dette de la monnaie régionale permet d'envisager de s'engager dans des voies à caractère social jusque là réputées utopiques.